GALERIE BERNARD BOUCHE
CARLO GUAITA
Carlo Guaita  Senza titolo (Calchi -Mondes) 2014. Encre sur ciment +boîte en carton, huile sur toile. 5 x 29,5 cm

Carlo Guaita  Senza titolo (Calchi -Mondes) 2014. Encre sur ciment +boîte en carton, huile sur toile. 5 x 29,5 cm

Carlo Guaita est né à Palerme en 1954. L'artiste travaille sur les matériaux les plus simples possible, sur lesquels il aime parfois introduire des textes d'auteurs naturalistes anciens. Il est à la recherche d'une nouvelle iconographie de la modernité, de la représentation du paysage.

Carlo Guaita réfléchit sur les relations entre le travail et les matériaux élaborés et ajoute des références conceptuelles et historiques par la suite. Son travail peut être décrit comme une stratification continue, presque comme si elle était un remplissage infini, une encyclopédie incertaine, qui pourrait être perçu au même moment d'une manière formelle, conceptuelle et esthétique.

Dans les séries Dagherrotipi ou Pozzi, par exemple, il s'agit de peintures monochromes de petites dimensions, réalisées comme toujours chez Guaita sur un matériau le plus simple possible, en passant et repassant à l'infini sur le support une couleur diluée dans le vernis final transparent. La couleur n'est pas étendue mais laissée à la sédimentation horizontale. Observés de loin, les Dagherrotipi apparaissent plats et réfléchissants alors que, vus de près, ils se révèlent absorbants, saturés et profonds. Comme le dit Denis Viva dans son texte : « L’exceptionnelle opacité des surfaces de Carlo Guaita provient des couches d’encre superposées qu’il utilise, et cela depuis les temps de la lithographie jusqu’à ceux de l’imprimante à jet d’encre, le liquide qui permet la reproduction de beaucoup de signes.  La manière avec laquelle Guaita étale l’encre fait toujours intervenir un coefficient de casualité et d’humanité : la technique et les matériaux laissent apparaître une pléiade d’imperfections : tâches, abrasions, lacunes, auxquels nous devons d’abord attribuer un sens visuel. Le noir de Guaita s’inspire de l’illustration encyclopédique, qui a permis la diffusion et la spécialisation du savoir depuis l’invention de l’imprimerie. »