GALERIE BERNARD BOUCHE
BERND LOHAUS
CARLO GUAITA
JOSÉ-PEDRO CROFT
GIANNI CARAVAGGIO
Bernd Lohaus  Sans titre. 1967. Bois, corde. 210 x 95 x 31 cm / Bernd Lohaus  noch - als, 2000. Bois, craie. 12,5 x 115,2 x 33 cm 

Bernd Lohaus  Sans titre. 1967. Bois, corde. 210 x 95 x 31 cm / Bernd Lohaus  noch - als, 2000. Bois, craie. 12,5 x 115,2 x 33 cm 


Bernd Lohaus (Düsseldorf 1940 — Anvers 2010), utilise surtout des matériaux puissants et denses tels le bois d’azobé. Il privilégie l’usage d’éléments qui ont déjà servi, portant les traces de l’industrie humaine et du temps, chargés et enrichis d’un passé dont ils témoignent. Une combinaison de formes sobres, massives et sculpturales, parfois décrites avec des fragments linguistiques énigmatiques et forts : voilà ce qui constitue depuis des années la base du travail de Bernd Lohaus. Parmi les éléments bois-mot, on rencontre surtout des prépositions ; l’ensemble ne forme jamais une phrase complète mais pose dans l'espace la relation des mots entre eux. Bien sûr, la disposition intuitive du bois à elle seule est un langage. Parmi ses expositions personnelles récentes on retiendra Fremdkörper, au M HKA, Anvers, ainsi que celle du MAC’s Grand Hornu, Musée des Arts Contemporains, Hornu, Belgique.  

Carlo Guaita (Palermo, 1954) L’artiste travaille la peinture sur les matériaux les plus simples possible et sur lesquels, parfois, il introduit des textes d’auteurs naturalistes anciens. Ce sont les tables de l’iconographie des Lumières dont les racines se trouvent dans les livres de l’encyclopédie du XVIIIème à nos jours. Éléments d’une table, ou phrases sur lesquelles l’huile ou l’encre se superposent, elles sont distinctes et unies en même temps. On perçoit leur stratification.
Comme l’explique Denis Viva dans son texte Carottages, la pièce Instead of poetry présentée dans cette exposition, nous passons à l’horizontalité de la sculpture. Une roche irréductible posée entre les pages. C’est une poétique avant d’être une poésie. Ce n’est pas la logique de la littérature mais celle de la géologie.

José Pedro Croft (Oporto, 1957) a pour habitude de détourner les objets quotidiens de leurs fonctions d’origine. Dans son travail, se mêlent les dimensions visuelles, plastiques et poétiques des objets crées, en produisant une sensation d’équilibre précaire entre le stable et l’instable qui, selon l’artiste, « reflète ce milieu transitoire de l’univers ». Il est représenté dans d’importantes collections portugaises et espagnoles, parmi lesquelles on retiendra la Fondation Calouste Gulbenkian, la Fondation Serralves, la Collection Berardo, le Musée National Centre d’Art Reina Sofia, la Pinacoteca de l’État de São Paulo, aussi que le Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro. Il ouvre actuellement une importante exposition au Musée de la ville de Sao Paulo. 

Gianni Caravaggio (Rocca San Giovanni, 1968) Chacune de ses œuvres se déploie sur le sol, en partant du minimum : de l’élément le plus noble, le marbre à l’élément le plus élémentaire, la farine. Le sol revêt une importance particulière dans le travail de cet artiste, il l’utilise et le présente comme un horizon de possibilités. L’artiste joue aussi avec l’immatérialité de l’ombre. Il crée, ainsi, un nouvel équilibre fragile et fait varier les couleurs d’un objet, d’un outil, suivant l’éclairage ou la position du spectateur. En utilisant comme matériau l’immatérialité de l’ombre, Caravaggio crée un objet en équilibre instable, dont l’unité visuelle est toujours sur le point de disparaître. Parmi ses expositions personnelles on retiendra le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Saint-Etienne ainsi qu’au M.A.G.A à Gallarate en 2014.