GALERIE BERNARD BOUCHE
JORGE MOLDER
REBECCA HORN
BERNHARD RÜDIGER
Jorge Molder  Pinocchio 2006-2009

Jorge Molder  Pinocchio 2006-2009
La galerie a le plaisir de présenter un accrochage d'été à partir du 20 mai avec des œuvres de Jorge Molder de la série Pinocchio, série de 2006 à 2009 qui a été présentée dans différents Musées au Portugal et en Espagne, ainsi que de rares œuvres de Rebecca Horn de 1991 et de 2003 et enfin deux importantes sculptures de Bernhard Rüdiger Unbekannte Vögel von Westen n.3 (d'après Hans Erich Nossack), deux sculptures réalisées avec les étudiants de l'école de Beaux-Arts de Montpelier, inspiré d'un ouvrage de Hans Erich Nossack.
Dans son compte-rendu Interview avec la mort, écrit au milieu des décombres de sa ville natale de Hambourg entre 1943 et 1947, Hans Erich Nossack, revient sans cesse sur la nouvelle condition temporelle produite par la catastrophe de la ville réduite à un désert de pierres. Le désastre est annoncé par deux oiseaux démesurément grands venus de l’ouest qui survolent la cathédrale de la ville le jour qui précéda le début des bombardements le 24 juillet 1943. Il dit à propos de la vie d’après dans ce lieu désertique : " Nous n'avions pas de temps, nous n'avions plus de temps du tout, nous étions sortis du temps. Tout ce que nous faisions se vidait de son sens sur-le-champ. Sitôt que, ardents nous étions pris par la promesse d'une idée, nous tombions dans un brouillard épais et nous restions alors assis de nouveau sur le bord du chemin. Mais le visage des hommes d'alors, qui donc pourrait jamais l'oublier ? Les yeux étaient devenus plus grands et transparents comme ceux des icônes. La vitre, séparation jalouse et froide, s'était brisée et par les ouvertures béantes, l'infini qui était derrière l'homme traversait sans gêne l'infini qui était devant lui, sanctifiant son regard au passage de choses éternelles." La vitre, séparation jalouse entre la culture de l'homme qui le préserve d'une exposition violente à la réalité du monde, "s'était brisée". Les hommes d'alors sont comme jetés dans un état de conscience continu, dans un présent buté comme l'éternité.